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Chez Fayulu, les chefs religieux pro-Kadima stoppés dans leur élan de glissement

Les six confessions religieuses auxquelles se sont ajoutées la Coneico, Liloba Na Nzambe et les Bangunza, ont finalement échangé lundi 05 septembre avec le leader de Lamuka et président national de l’Écidé, Martin Fayulu Madidi à Faden House, non loin du Grand hôtel Kinshasa autour de la situation sécuritaire et du processus électoral. Officiellement, rien n’a filtré.

Par Jeanric Umande

Martin Fayulu rejette tout glissement et exige la tenue des élections dans le delai constitutionnel. Le message passé aux chefs religieux a été sans équivoque. @Photo Droits tiers

publié le 8 septembre 2022 à 09:52:32

Mais des sources recoupées par Ouragan.cd indiquent que l’opération séduction menée par les chefs religieux pro-Kadima qui avaient favorisé la tricherie électorale en installant leur poulain à la tête de la commission électorale, a totalement échoué. A l’époque, Fayulu les avait accusés d’avoir occasionné la tricherie lors de la désignation du président de la CENI. Malgré leur tripatouillage, ils ont, toute honte bue, pris leur courage en mains pour aller vers le même dénonciateur. En gentleman, le candidat à la présidentielle de 2023 les a ouvert ses portes. Accueil de très haute respectabilité, mise en place ordonnée et des prises de paroles très équilibrées, a-t-on appris. Très curieusement, leur prétexte de geurre de l’est pour justifier un quelconque glissement a été balayé d’un revers de la main. Pas question de glissement du calendrier des élections par la commission électorale nationale indépendante (CENI). Martin Fayulu est resté ferme. Le message tranchant de Fayulu a glacé ses hôtes venus avec l’idée de l’embarquer dans leur schéma anti-peuple, nous a soufflé une source bien informée. D’ailleurs, un cadre Lamuka a conseillé aux chefs religieux opposés aux catholiques et protestants d’envisager une nouvelle perspective de désignation du délégué des confessions religieuses à la tête de la CENI pour garantir un processus électoral transparent. Ce qui viendrait, selon lui, à trenquilliser toute l’opinion congolaise exténuée par la marche rocailleuse du processus électoral par le bureau Kadima.

Fayulu ne peut jamais cautionner le glissement des élections

Le leader de Lamuka a été approché par les confessions religieuses/aile Dodo Kamba pour tenter de s’impliquer dans la réflexion relative à la violation voulue consensuelle du délai constitutionnel des élections. A cette question, la réponse a été claire. Le respect du délai constitutionnel s’impose. Aux yeux de Fayulu, les institutions illégitimes du hold-up électoral de 2018 n’auront même pas une minute de plus. Déception totale dans les rangs de religieux. A bien scruter, Denis Kadima serait donc dépassé par la pression tant au niveau national qu’international pour n’avoir pas été à la hauteur des enjeux.

Le président de la CENI, trop suffisant, a laissé de côté les considérations de gestion consensuelle qu’exige le processus électoral congolais pour s’entourer de flatteurs qui ne l’ont pas aidé à développer un véritable dialogue avec les partis politiques, dénonce un membre de la société civile. Trop sûr du soutien de la majorité au pouvoir, le bureau Kadima réalise trop en retard qu’il faut compter avec l’opposition pour réussir à enjamber le délai constitutionnel. “C’est ici que les points de vue de Martin Fayulu, Joseph Kabila, Matata Ponyo, Frank Diongo Shamba, Lisanga Bonganga, Adolphe Muzito et Moïse Katumbi notamment, vont sérieusement compter pour préparer l’opinion publique congolaise à contrer la CENI et les institutions de la République”. Après avoir rencontré Martin Fayulu considéré comme le plus dur des opposants politiques congolais, les chefs religieux membres de la Commission d’intégrité et de médiation électorale (CIME) ont été rendre compte à Denis Kadima mercredi 7 septembre au siège de la CENI. Là aussi, le compte-rendu de la rencontre reste flou. “Nous sommes presqu’à une année de la tenue des élections. En tant que représentants de la population, au compte de la société civile et des confessions religieuses, nous sommes venus savoir un peu plus et nous rassurer que les élections auront bel et bien lieu, compte tenu de tout ce qu’il y a comme bruits autour de ce qui se fait. Il était donc de notre devoir d’avoir des informations fiables émanant de la source”, a indiqué le Révérend Dodo Kamba, évêque général de l’Eglise du réveil du Congo (ERC), président de la plateforme des confessions religieuses pro-Kadima. Dodo Kamba dit avoir été rassuré par le président de la CENI. Rassuré de quoi? “Nous avons apprécié à sa juste valeur la clarté avec laquelle le président Denis Kadima s’est exprimé et l’équipe qui l’accompagnait. Donc, nous sortons de cet échange éclairés et en sommes fort rassurés”, a-t-il laissé entendre.

Glisser sans Denis Kadima

L’unique compromis possible entre la CENI et l’opposition politique passerait par le remplacement de l’actuel président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima Kazadi. Au PPRD de Joseph Kabila, “aucun glissement n’est envisageable avec la même équipe de la CENI“. Avis régulièrement partagé par le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi Chapwe. “Ce dernier a signifié aux évaluateurs du processus électoral congolais venus de New York le caractère illégal de la procédure ayant présidé à la désignation de Denis Kadima à la tête de la CENI”. Frank Diongo Shamba du Mouvement lumumbiste progressiste (MLP) est, pour sa part, immuable sur la question. Il réclame une CENI consensuelle et non partisane. Jean-Pierre Lisanga Bonganga ne jure que par le départ de l’équipe Kadima. Point de vue partagé par Augustin Matata Ponyo et même plusieurs organisations de la société civile. Malheureusement, c’est une une réalité que les confessions religieuses pro-Kadima sont loin d’encaisser. “Elles qui ont tout sacrifié pour placer leur délégué à la CENI”.

Pour remplacer Kadima, il faut l’avis des catholiques

Après avoir été balancés par les six confessions religieuses pro-Kadima, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) avaient décidé de se soustraire du processus de désignation du délégué des confessions religieuses à la CENI. “Au même moment, les deux communautés décidèrent de suspendre leur participation aux travaux de la plateforme des confessions religieuses“. Cette situation engendra une crise pré-électorale qui perdure jusqu’à présent. En cas de glissement électoral, les deux seront obligatoirement consultées pour un avis consultatif. Ne pas les prendre au sérieux dans une consultation de si haute portée politique, exposerait les communautés entières à l’auto-détermination vis-à-vis du processus électoral.

Entre-temps, Dodo Kamba gonfle ses effectifs pour bien peser dans la balance. Hier au nombre de six, la plateforme des confessions religieuses pro-Kadima s’est élargie à 9. Désormais, on compte l’Église kimbanguiste, l’Armée du Salut, l’Église orthodoxe, l’Union des églises indépendantes du Congo (UEIC) et la Communauté Islamique en République démocratique du Congo (COMICO). A ces six se sont ajoutées trois nouvelles : la Confession des églises indépendantes du Congo (CONEICO), l’église “Liloba Na Nzambe” et l’Église des Autochtones dite “Bangunza”.

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