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A Luanda, Félix Tshisekedi présent à l’investiture de Lourenço

Le président Félix Tshisekedi, arrivé jeudi à Luanda en Angola, a assisté à l’investiture du président Joao Lourenço, proclamé vainqueur de la présidentielle de 2022. Le chef de l’Etat congolais s’est déclaré disposé à renforcer davantage les bonnes relations “qui unissent les deux pays frontaliers et les peuples frères congolais et angolais”.

Par Landry Amisi

Le président Félix Tshisekedi et son homologue angolais, Joao Lourenço lors de la bipartisme à Luanda. @Photo Droits tiers

publié le 15 septembre 2022 à 17:48:34

En sa qualité de président en exercice de deux grands blocs régionaux à savoir la SADC et la CEEAC, le chef de l’Etat congolais a souhaité plein succès au président Lourenço avec qu’il partage la même volonté pour consolider la paix, la sécurité et la prospérité en Afrique centrale et australe, indique la presse présidentielle sur Twitter.

Le président Joao Lourenço s’est engagé jeudi à être “le président de tous les Angolais” lors de son investiture pour un second mandat à Luanda, une cérémonie placée sous haute surveillance policière après des élections dont les résultats ont été contestés par l’opposition.

Le pays a tenu le 24 août le scrutin le plus disputé de son histoire. Il n’y a pas d’élection présidentielle en Angola et la tête de liste du parti vainqueur aux législatives devient automatiquement chef de l’Etat.

Le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir depuis l’indépendance du Portugal en 1975, a remporté les élections avec 51,17% des voix, le plus bas score qu’il ait jamais enregistré. Le premier parti d’opposition, l’Union nationale pour l’indépendance (Unita), qui a rassemblé 43,95% des suffrages selon la commission électorale, clame avoir remporté le scrutin, selon son propre comptage. Son recours a toutefois été rejeté au début du mois par le tribunal constitutionnel, considérant qu’aucun élément ne permettait de remettre en cause les résultats. Le parti avait évoqué l’organisation de “manifestations pacifiques”.

Jeudi, la place de la République, lieu historique de la capitale angolaise ouverte sur l’Atlantique, était bordée par un important cordon de sécurité, ont constaté des journalistes de l’AFP. De nombreux Angolais ont décidé de rester chez eux et les rues de Luanda sont restées étrangement calmes, les habituels vendeurs de rue étant disséminés ici et là. Une vingtaine de chars de l’armée étaient stationnés sur un carrefour proche de la place.

Quelque 15.000 Angolais, strictement sélectionnés, étaient invités à la cérémonie à laquelle une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, devaient participer. Dans sa prestation de serment, Joao Lourenco, 68 ans, a promis des augmentations de salaires ainsi qu’une meilleure rémunération des forces armées, recueillant les applaudissements.

Il a également promis de s’attaquer au chômage des jeunes, part grandissante de la population moins attachée au MPLA que ses aînés et dont une partie a été séduite par l’opposition au dernier scrutin.

Peu de changement

Emmenée par le charismatique Adalberto Costa Junior, 60 ans, l’Unita a gagné du terrain sur des promesses de réformes, de lutte contre la pauvreté et la corruption. L’opposant n’était pas présent à la cérémonie jeudi. La veille, il avait indiqué que son parti accepterait que ses parlementaires soient investis, tout en promettant des manifestations dans les semaines à venir.

A l’issue des élections, quatre des 16 membres de la Commission électorale n’ont pas signé les résultats. Les observateurs étrangers venus d’Afrique ont fait part de “préoccupations” concernant les listes électorales. Riche en ressources naturelles, l’Angola est l’un des pays les plus pauvres et les plus inégalitaires au monde. La manne pétrolière n’a enrichi qu’une élite proche de l’ancien président et mentor de M. Lourenço à l’héritage controversé, José Eduardo dos Santos. Mort en Espagne en juillet, ce dernier a été enterré en pleine semaine électorale.

M. Lourenço avait surpris une fois élu en 2017, en limogeant de nombreux dirigeants d’institutions et d’entreprises ainsi que des chefs de l’appareil sécuritaire, visant les proches de dos Santos et notamment sa fille Isabel. Beaucoup jugent toutefois que cette campagne a été sélective et politiquement motivée. Le clan dos Santos a dénoncé une “chasse aux sorcières”.

Selon certains analystes, il y a eu peu de changement depuis l’accession au pouvoir de M. Lourenço, notamment au regard du “respect des droits humains et des libertés fondamentales”, estime Borges Nhamirre de l’Institute for Security Studies de Pretoria. L’opposition avait déjà contesté, sans obtenir gain de cause, les résultats des élections en 2017.

Le MPLA à perdu la majorité des deux tiers au Parlement, qui lui permettait jusqu’ici de passer des lois sans le soutien d’un autre parti, avec 124 sièges sur 220. Esperança Maria da Costa, 61 ans, biologiste et professeure d’université, devient la première femm

Prise de distance avec le clan Dos Santos, accusé de corruption

Lourenço dirige le MPLA, parti tout puissant depuis l’indépendance en 1975. En 2017, il succède confortablement avec 61% des voix à Dos Santos, l’homme fort pendant 38 ans, accusé d’avoir largement détourné les ressources du pays riche en pétrole au profit de ses proches.

L’ex-général d’artillerie formé en URSS avait promis des réformes radicales mais la pauvreté reste criante, dans un climat d’inflation galopante. Lourenço “avait promis plus de transparence, moins de corruption. Aujourd’hui, sa gouvernance est perçue comme autoritaire”, souligne Borges Nhamirre, de l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Pretoria.

Joao Manuel Goncalves Lourenço, originaire de Lobito (ouest), a combattu dans sa jeunesse le Portugal. Après l’indépendance, il participe à l’interminable guerre civile (1975-2002) qui éclate entre le gouvernement du MPLA et les rebelles de l’Unita, aujourd’hui devenu le principal parti d’opposition.

Comme nombre de dirigeants en pleine ascension pendant la décolonisation, il est formé en Union soviétique. Il devient chef politique de la branche armée du MPLA pendant la guerre civile, un conflit de Guerre froide qui voit Cuba soutenir le MPLA alors que des milices soutenues par la CIA le combattent.

Devenu gouverneur de la province de Moxico (est) dans les années 1980, il gravit rapidement les échelons au sein du MPLA, dirigeant son groupe parlementaire avant de devenir vice-président du Parlement.

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