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SADC : Tshisekedi dans une diplomatie de guerre

Entre la SADC et l’EAC, c’est la guerre de leadership sur la République démocratique du Congo. Ainsi, chaque ensemble, sinon chaque pays voudrait-il faire partie de l’enjeu. Après plus de deux décennies de déstabilisation planifiée, l’espace RDC commence à représenter un danger pour toute l’Afrique, si des mesures idoines ne sont pas prises.

Par Alexis Emba

Félix Tshisekedi a promis lors des travaux de la SADC de pacifier l’est de son pays @Photo Droits tiers

publié le 18 août 2022 à 07:49:58

Tolérer une insécurité généralisée dans ce pays-continent aux ressources inestimables est le gros risque qu’il convient vite de corriger, ont convenu les dirigeants de la Communauté de développement des États de l’Afrique australe (SADC). Félix Tshisekedi est aujourd’hui au centre de tous les intérêts. Intérêts politiques par rapport aux grandes puissances occidentales (Américains, Russes et Chinois ) qui se regardent en chiens de faïence et se surveillent mutuellement pour savoir qui gardera la main sur la riche République démocratique du Congo. C’est aussi le centre d’intérêts économiques vis-à-vis des puissances africaines et régionales qui, les unes ont trahi leur amitié avec la RDC, cas des États voisins de l’Est du pays et les autres, qui refusent de voir seul le Rwanda user négativement de sa proximité immédiate avec le Congo tout en se faisant une santé économique inimaginable à partir d’inombrables ressources naturelles du Congo-Kinshasa. Ils décident afin de participer à l’effort de paix. Les États SADC veulent coûte que coûte faire partie de la nouvelle vision du grand Congo. “Bâtir une relation de confiance et conclure des partenariats gagnant-gagnant”. Dans ce nouveau fichier de la grande puissance en devenir (RDC), le monde se bouscule et se recompose.

Félix Tshisekedi, peu importe la pression interne sur sa gouvernance quinquennale de l’État congolais, est sur tous les projecteurs. Son pays est la deuxième priorité du monde, après l’Ukraine. D’après certains chercheurs congolais, “les occidentaux sont coincés entre une stabilisation brutale du Congo-Kinshasa et un plan de sortie de crise qui tient absolument compte du rôle du Rwanda, pays longtemps utilisé pour extraire en toute illégalité et dans la barbarie les ressources minières rares de la RDC”. Pendant ce temps, Kinshasa présente ses soucis immédiats à qui veut l’aider y compris à la Chine et la Russie. Ces deux dernières puissances talonnent les occidentaux et les Américains sur plusieurs dossiers en Afrique.

Félix Tshisekedi en quête de partenaires sincères

Le président congolais aura franchi tous les océans à la recherche d’un meilleur partenariat objectif pour démarrer son plan d’émergence de la République démocratique du Congo. Outre sa longue tournée diplomatique qui l’a mené dans la plupart des grandes capitales du monde, Félix Tshisekedi a dirigé l’Union africaine en 2020 et 2021, d’abord en tant que vice-président avant d’en porter le plein mandat. Cette année 2022, Tshisekedi dirige la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et à partir de ce mercredi 17 août, la Communauté de développement des États de l’Afrique australe (SADC). Des charges qui lui ont permis de partager avec ses pairs à différents niveaux, les perspectives d’avenir de son pays. “Si hier, il n’a pas été très bien écouté par ses partenaires, l’évolution politique et sécuritaire de la crise congolo-rwandaise est en train de le replacer au sommet des enjeux. Félix Tshisekedi souligne à toute occasion, l’urgence de la cessation des hostilités dans la partie orientale de son pays actuellement ravagée par la guerre du Rwanda”. Excès de bonne foi, Félix Tshisekedi a conclu des accords de coopération avec la plupart des pays de la sous-région des Grands lacs. Attitude qui n’a pas empêché le Rwanda et l’Ouganda de le poignarder dans le dos dans une complicité de déstabilisation accélérée du Kivu. “Pourtant, l’Ouganda avait promis d’aider à désenclaver certains axes routiers qui font jonction avec ses propres voies d’évacuation vers la RDC. Kasindi-Beni-Rutshuru-Goma et Bunagana-Rutshuru-Goma. Le projet a vite été saboté par le Rwanda qui a choisi d’occuper Bunagana et ses environs, avec la bénédiction des occidentaux”.

Un deal de dernière minute a vu le jour à Kampala pour étouffer les initiatives inaugurées par la RDC et l’Ouganda. Dans ce deal, il faut le reconnaître, le pays de Museveni a choisi de servir l’axe du mal (Kigali) en laissant tomber tous les projets convenus avec Kinshasa. “Voilà pourquoi le sommet SADC tombe à propos. Il s’agit d’un ensemble plus imposant, constitué des États traditionnellement des amis et non belliqueux. L’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo (RDC), le Lesotho, le Madagascar, le Malawi, les Îles Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland, les Seychelles, la Tanzanie, les Comores, la Zambie et le Zimbabwe”. Seize pays qui ont confié ce mercredi 17 août, la présidence de la communauté à la République démocratique du Congo. Félix Tshisekedi en a donc pris officiellement le commandement, signe que cette partie de l’Afrique est prête à accompagner la RDC dans ses efforts de stabilisation.

La présence du président sud-africain, Cyril Ramaphosa est tout un symbole. Lui comme Félix Tshisekedi et Paul Kagame du Rwanda ont reçu le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, il y a une semaine environ. L’Afrique du Sud a eu un discours de grande indépendance vis-à-vis de Washington. Cette position sud-africaine constitue inévitablement une source d’inspiration pour Félix Tshisekedi qui voit les USA trainer les pieds avant d’agir sur le phénomène rwandais dénommé M23. Car, “la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (en anglais East African Community, EAC) est une organisation ambiguë, dont les visées ne se clarifient pas sur le terrain. Le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie, et la République démocratique du Congo”. Seules la Tanzanie et la République démocratique du Congo siègent dans les deux blocs à la fois. Félix Tshisekedi s’ouvre aux deux communautés tout en sachant que les uns sont extrêmement violents et les autres qui n’apprécient pas le banditisme d’État du Rwanda et l’Ouganda en RDC, voudraient peser de leur influence pour que le Congo décolle et profite bien à tout le continent.

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