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Kagame relance la guerre du M23 pour mettre Blinken devant un fait accompli

Le président rwandais est à bout d’initiatives. Comment détruire tant d’éléments de preuves qui certifient à ciel ouvert la présence criminelle de ses troupes en République démocratique du Congo.

Par Landry Amisi

Paul Kagame, le président rwandais accusé par le gouvernement congolais d’être le parrain du M23 @Photo Droits tiers

publié le 3 août 2022 à 18:19:00

Les Etats-Unis coincés par la réputation décrédibilisante de son allié, plus de deux décennies durant, sont obligés de se faire exigeants à l’égard de Kigali. Le séjour de Blinken fera inévitablement réécrire l’histoire de l’Afrique centrale. D’où cette résurgence des hostilités avant le 10 août, date de l’arrivée du chef de la diplomatie américaine au Rwanda.

Les hostilités ont repris le mardi entre les forces gouvernementales (FARDC) et les terroristes du M23 dans la périphérie du site stratégique de Rumangabo, territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu. Quarante-huit heures auparavant, Bertrand Bisimwa, responsable politique du M23 a décidé d’officialiser quelques mises en place au sein de cette organisation dirigée par Kigali, afin de donner à la soit-disante rébellion un droit d’audience auprès du secrétaire d’Etat américain, Antonny Blinken.

Bisimwa aurait donc pris ses quartiers à Bunagana où, d’après la population locale de Jomba, il a institué une taxe obligatoire de 10$ sur chaque citoyen, taxe qui serait perçue par des agents de Kigali. Autre action précipitée, l’installation d’un responsable administratif à Bunagana et Jomba, tous des sujets rwandais, rapportent plusieurs sources de Bunagana et de Kisoro en Ouganda. Kigali a instruit ses représentants du M23 de s’assumer face au nouveau tournant que prennent les évènements dans la région suite à cette visite déterminante du secrétaire d’Etat américain.

Vite, une identité politique, militaire et territoriale au M23

D’abord, les terroristes sont chargés par Kigali de conquérir des nouveaux espaces pour mettre Kinshasa dans une posture extrêmement plaintive devant l’envoyé de Washington. D’après des sources proches du M23, le groupe ambitionnerait de prendre le contrôle de l’ensemble du territoire de Rutshuru, en coupant Goma du reste de la province par la voie routière. Tactiquement, les terroristes s’attaquent au camp stratégique de Rumangabo où ils devront intensifier des séances accélérées de formation militaire à des nouvelles recrues rwandaises et ougandaises prises de force ces dernières semaines dans ces deux pays pour combler les effectifs insignifiants d’hommes armés prétendument “Congolais”. Ceci devrait constituer un argument quantitatif des troupes dites rebelles pour éviter d’exposer au contrôle technique des Américains, cette présence des éléments identifiés des Forces de Défense du Rwanda (RDF). Au cas où l’option d’une mission militaire d’évaluation serait prise par Washington, que lesdits observateurs viennent trouver un “mouvement” urgemment constitué avec un semblant d’architecture administrative, politique et militaire. Certaines fuites renseignent que Kigali est réellement sous pression et que le patron du département d’État américain serait porteur d’un message troublant pour Paul Kagame.

En effet, du 10 au 12 août prochain, Blinken s’entretiendra avec de hauts responsables du gouvernement rwandais et des membres de la société civile pour discuter de priorités communes, y compris les opérations de maintien de la paix. Washington se demande quelle serait l’opportunité d’appuyer le financement des forces rwandaises déployées dans des missions de maintien de la paix des Nations unies. Le secrétaire d’État se concentrera sur le rôle que le Rwanda peut jouer dans la réduction des tensions et de la violence actuelle dans l’est de la RDC. Washington a une nette lecture des faits dans la région et voudrait, à sa façon, contribuer à la stabilité. Trop de sang a coulé dans l’Est du Congo, il faut entrevoir une formule de solution qui n’indisposerait pas son allié Paul Kagame. D’abord, la cessation des hostilités, ensuite le retrait des troupes étrangères. Enfin, une rediscutions responsable sur les différents accords régionaux profitables à la fois au Rwanda, à l’Ouganda, au Burundi, au Kenya, à la Tanzanie et même aux autres États tels le Soudan, l’Angola et le Congo-Brazzaville.

D’intenses discussions en officiel et à huis-clos seraient envisagées par Kigali, quitte à les négocier dans l’agenda de Blinken. L’homme d’État américain soulèvera aussi des préoccupations relatives à la démocratie et aux droits de l’homme au Rwanda, comprenant la répression transnationale, la limitation de l’espace pour les opinions divergentes et l’opposition politique, et surtout la détention injustifiée de Paul Rusesabagina, résident permanent légal aux États-Unis. Des sujets très sensibles pour Kagame mais sont la condition d’une nouvelle perspective de coopération avec Washington.

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