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RDC : le journaliste Kazadi sans accès à ses avocats depuis sa détention à l’ANR

Le journaliste Joseph Kazadi demeure arbitrairement détenu depuis plus de deux semaines par les services de renseignement congolais. Reporters sans frontières (RSF) dénonce les manœuvres dilatoires des autorités qui l’empêchent d’avoir accès à l’avocat mandaté par l’organisation pour le représenter.

publié le 29 juillet 2022 à 15:50:00

Les proches de Joseph Kazadi sont inquiets. Ils sont sans nouvelle du journaliste arrêté le 13 juillet à Lubumbashi dans le Katanga, une province méridionale de la République démocratique du Congo (RDC). Désormais détenu depuis plus de deux semaines dans les locaux de l’agence nationale de renseignement (ANR) de la capitale Kinshasa, le reporter n’a toujours pas eu accès à un avocat. Celui mandaté par RSF, maître Godefroid Kabango, s’est vu refuser à trois reprises l’accès à son client depuis le début de la semaine, au prétexte que l’administrateur général de l’ANR n’était pas disponible pour répondre à sa demande. Cette dernière a été formulée directement auprès des services de l’ANR à l’oral et au moyen d’une lettre.

Au moment de son arrestation, Joseph Kazadi enquêtait avec le journaliste américain de The Nation et du New Yorker, Nicholas Niarchos, sur les liens entre les mines artisanales et les acteurs qui bénéficient de ces ressources dont les Maï Maï Bakata Katanga, un groupe de miliciens du sud du pays. L’expertise de Joseph Kazadi sur le secteur minier de cette province lui a valu de travailler comme fixeur pour plusieurs médias internationaux comme CNNABC, les magazines américains Fortune et New Yorker. Il est également le responsable du journal Leader, collaborateur du magazine Mining News, et correspondant de Journaliste en danger (JED), l’organisation partenaire de RSF en RDC.

Contacté par RSF, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a simplement indiqué “la présence d’aspects qui posent véritablement problème sur la nature des activités” des deux journalistes. Mais comment expliquer dès lors que le journaliste américainNicholas Niarchos, avec lequel Joseph Kazadi travaillait et qui avait été initialement arrêté avec lui, ait été relâché quelques jours plus tard sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui?

Les manœuvres dilatoires pour empêcher que ce journaliste congolais puisse enfin avoir accès à un avocat ne font que renforcer le caractère arbitraire de cette procédure, déplore le responsable du Desk Afrique de RSF, Arnaud Froger. À ce stade, il n’existe absolument aucun élément permettant de justifier la détention prolongée de ce journaliste. Il continue à être privé de sa liberté alors que son confrère américain, arrêté en même temps que lui, a été libéré depuis plus d’une semaine. Nous demandons sa libération sans plus tarder. 

Lors de sa détention, Nicholas Niarchos avait été accusé d’espionnage sans qu’aucun fait ne vienne appuyer ces accusations. La nature journalistique de ces activités est d’ailleurs dûment établie comme en témoigne ses nombreux articles, dont certains ont été écrits en collaboration avec Joseph Kazadi, sur différents sujets en RDC. Malgré cela, l’ANR a effacé une grande partie des photos et films sur son enquête en cours, a fait fuiter une photo de son passeport qui s’est retrouvée sur des groupes de discussion WhatsApp, et a obligé le journaliste à signer une lettre dans laquelle il s’engageait à ne plus revenir en RDC en échange de sa remise en liberté et de sa sortie du territoire. Des pratiques qui violent de manière flagrante le libre exercice du journalisme.

Contacté à plusieurs reprises depuis deux semaines, le responsable de la communication de l’ANR Patrick Kitenge n’a pas répondu aux messages et appels de RSF concernant cette affaire.

Depuis le début de l’année, 19 journalistes ont été arbitrairement arrêtés en RDC. Les reporters Patrick Lola et Christian Bofaya sont détenus depuis le 10 janvier dans la province de l’Équateur. Ils avaient été arrêtés à l’occasion d’une marche de protestation de députés provinciaux contre la gestion de la province par le gouverneur.

RSF

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