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Thèse Thèse-solution du Prof Nyamugabo pour une coopération régionale gagnante de la RDC

La thèse de l’ex-chef des travaux, Claude Nyamugabo est tombée à point nommé le vendredi 17 juin. L’oeuvre est cruciale au moment où la RDC doit débroussailler sa politique de coopération régionale, avec notamment son entrée controversée au sein de la Communauté des États d’Afrique de l’Est.

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Par Jeanric Umande
Diplomate, ancien ministre et député national, Claude Nyamugabo a défendu avec succès sa thèse de doctorat sur «la participation de la RDC aux communautés économiques régionales africaines : entre rationalité et rentabilité». @Photo Droits tiers
Publié le 22 juin 2022 à 11:56:19

La plus grande distinction décernée par le jury au désormais professeur Claude Nyamugabo Bazibuhe est la mention « Objective » pour le sujet éminemment d’actualité défendu par le doctorant. «La participation de la RDC aux communautés économiques régionales africaines : entre rationalité et rentabilité». Thème très suivi au regard de l’embarras dans lequel la République démocratique du Congo divague dans ses choix de coopération régionale et sous-régionale. SADC, CEEAC, CIRGL, COMESA et maintenant, la Communauté des États de l’Afrique de l’Est. Chaque organisation avec ses spécificités géopolitiques, ses missions, ses contraintes et avantages.

Il faut une participation rationnelle aux différents ensembles

Dans sa dissertation doctorale, Maître Claude Nyamugabo qui ne s’oppose pas à une participation multiple aux différentes organisations régionales, s’entoure d’une précaution intellectuelle de taille : «L’analyse démontre que la moisson n’est pas à la hauteur des attentes. Notre participation n’a pas apporté ce que devrait attendre la RDC, ce géant au centre de l’Afrique, écartelé entre l’Est, l’Ouest, le Nord et le Sud. En tout, 8 organisations sous-regionales reconnues par l’Union africaine. La multi-appartenance se justifie, mais j’ai mis sur pied les indicateurs pour une participation rationnelle et qui rapporte à notre pays et à ses habitants », a résumé le professeur Nyamugabo. Une thèse d’heureuse inspiration qui devrait, résolument, guider notamment, les dernières décisions de l’État congolais par rapport à son intégration à l’EAC ou encore à une réévaluation de sa participation aux différents cadres d’échange qui nous engagent. L’œuvre scientifique vient enrichir les bibliothèques universitaires et autres structures de documentation des établissements d’enseignement supérieur pour une recherche avancée sur les questions régionales, surtout qu’aujourd’hui, la question du déploiement ou non d’une force militaire sous-régionale s’invite au débat sur la gestion harmonieuse de la crise sécuritaire de l’Est.

Neuf (9) indicateurs appréciables pour mieux gérer les grands ensembles régionaux

Salle comble à Monseigneur Luc Gillon, devant une composition des sommités scientifiques de l’Université de Kinshasa, Claude Nyamugabo s’est utilement interrogé sur la nécessité de cette sorte de boulimie intégrationniste de la République démocratique du Congo à toutes les organisations sous-régionales, sans études préalables sur la rationalité, ni la rentabilité desdites adhésions. Ainsi, sur les neuf indicateurs qui vont désormais guider la nation dans sa stratégie diplomatique de proximité régionale, Nyamugabo argumente et propose des pistes de réflexion proactive. Des idées à même de régler responsablement nos choix diplomatiques, avec un cap sur des véritables alliés stratégiques.

D’abord, tenir compte d’un préalable majeur, souligne l’ancien ambassadeur du Congo-Kinshasa auprès de l’UA. Avant de concrétiser l’acte d’adhésion à une organisation internationale, il est indispensable de proposer une étude de faisabilité préalable, qui permet de savoir à quoi s’attendre sur le plan de cotisation, des engagements à prendre (politiques, économiques, de la défense et financiers). Autre indicateur pertinent, le placement des Congolais dans des organisations d’appartenance. Le professeur Nyamugabo pense aussi au niveau de représentation lors des sessions et sommets des organisations auxquelles appartient la RdCongo. C’est ici qu’il salue la percée diplomatique de Félix Tshisekedi, président de la République qui, en un temps record, dit-il, a sû imprimer l’image de marque de la RDC dans les différents sommets des nations et les grands rendez-vous de la planète. « Avec cela, nous pouvons attendre des retombées possibles », a soutenu le doctorant. « Les traités et accords signés dans le cadre des organisations auxquelles nous appartenons, sont également une preuve d’ouverture de la RDC aux autres nations du monde », justifie Nyamugabo, par son expérience de diplomate, d’ancien ministre mais aussi de député national.

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