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Quatre femmes élues gouverneures des provinces : maigre moisson ou fortes avancées dans le combat pour la promotion du genre ?

En République démocratique du Congo (RDC), les femmes concourent de plus en plus à des postes électifs. Une situation qui, à la veille des élections générales de 2023, augure de l’espoir pour plus de participation des femmes candidates.

De gauche à droite,les gouverneures des provinces du Haut- Lomami (Isabelle Yumba) du Tanganyika (Julie Ngungwa) et de Maï-ndombe (Rita Bola). @Photo Droits tiers.

publié le 8 juin 2022 à 20:06:05

Lors des élections des gouverneurs et vices-gouverneurs dans 14 provinces qui étaient concernées sur les 26 que compte la RDC, quatre femmes ont été élues et siègent désormais à la tête des provinces. Le scrutin s’est déroulé le 06 mai 2022 dans leurs assemblées provinciales respectives. Il s’agit de Ngungwa Julie pour la province du Tanganyika, Yumba Isabelle pour le Haut-Lomami, Bola Rita pour le Mai-Ndombe et en dernier lieu, Nikomba Madeleine confirmée gouverneure de la Tshopo par le Conseil d’Etat, après un contentieux électoral.

Pour ces élections qui ont mobilisé l’ensemble de la classe politique, 28 femmes sur les 106 candidats ont postulé à ce scrutin, selon la liste électorale publiée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Et parmi ces 28 candidates, 4 ont remporté les élections comme gouverneures.

Malgré l’échec des femmes qui n’ont pas réussi à se faire élire, elles ne regrettent pas. Selon l’une d’elles, le fait déjà d’avoir battu campagne et d’avoir présenté le projet de société, est un grand pas car les électeurs en tiendront compte prochainement.

Le cas de l’ex-candidate gouverneure du Kongo central, Maître Belinda Lutandila Nzuzi, qui ne regrette nullement d’avoir vécu cette expérience enrichissante. Pour cette actrice politique qui s’est présentée en indépendante, grâce à la campagne électorale, elle a pu présenter son projet de société et partager sa vision du développement de sa province.

Elle espère profondément que l’équipe élue va s’intéresser à ses idées. “Être candidate gouverneure, avoir mené cette campagne et présenté le projet de société a été une expérience continue dans ce long parcours pour intégrer sa vision du développement pour la province pour laquelle on postule. Ce fut une étape contributive car je suis certaine que les différents projets de société partagés seront pris en compte par l’équipe élue dans l’objectif de développement socio-économique de la province du Kongo central”, a déclaré madame Luntadila Nzuzi.

La parité, un rendez-vous de plus en plus lointain ?

Quatre femmes gouverneures sur les 14 chefs des exécutifs provinciaux élus, soit 28% des femmes, Belinda Luntadila pense que le pays est encore loin de la parité, surtout qu’il s’agit des postes électifs et non de nomination. En plus, poursuit-elle, même au niveau des postes nominatifs la représentativité des femmes n’est pas encore une évidence. C’est également ce que pense Tembo Yvette, deuxième vice-coordonnatrice de la Dynamique nationale des femmes candidates, DYNAFEC. Cette actrice politique, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social, (UDPS) est convaincue que le combat pour la parité reste permanent au vu des résultats de ce scrutin des gouverneurs, même si la parité est un droit prévu par la Constitution.

“Le combat pour la représentativité des femmes dans les institutions n’est pas seulement pour nous mais aussi pour les générations futures qui vont en bénéficier en cas du respect des dispositions constitutionnelles, nous n’allons pas nous fatiguer jusqu’à obtenir la parité dans sa totalité”, déclare madame Tembo.

Pour atteindre cet objectif de la parité dans toutes les spheres de la vie socio-politiques, madame Tembo invite les femmes à mener des actions pacifiques de contestation auprès des chefs des partis politiques afin qu’ils tiennent compte de la représentativité homme-femme dans les propositions des listes des nominations ou des candidatures.

“Pour gagner, nous devons multiplier des plaidoyers au niveau de la base, c’est-à-dire, auprès des leaders et présidents des regroupements et partis politques sur cette question; la femme doit commencer par laisser la place de simple militante au sein du parti, se battre pour obtenir un poste de decision; récemment, nous avons initié un sit-in de 10 jours au Parlement pour faire entendre notre voix par rapport à la reforme éléctorale, car souvent, après plusieurs plaidoyers, il y a de réponse satisfaisante”, a laissé entendre la vice-coordonnatrice de la DYNAFEC à Ouragan.cd.

“Il faut qu’il y ait plus d’engagement de la femme dans la politique, au meme titre que l’homme”, indique, pour sa part, Ndongo Serge, expert en genre. Il prone plus de formation pour la femme afin qu’elle puisse améliorer ses connaissances, ses potentialités et ses capacités.

“L’engagement politique de la femme doit être non seulement quantitative mais aussi qualitative, cela implique une formation et une sensibilisation des femmes pour une prise de conscience, le plaidoyer au niveau des partis politiques ne doit pas être négligé car c’est de là que tout part”, explique l’expert.

M. Ndongo préconise pour cela la sensibilisation des communautés sur les droits des femmes pour un changement de comportement sur les us et coutumes négatifs envers la femme et qui la relègue en dernière position, faisant d’elle juste une procréatrice et rien d’autre. Il insiste pour l’application des lois en rapport avec la promotion des droits des femmes. L’article 14 de la Constitution légalise la parité en ces termes :
“… La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions. La loi fixe les modalités d’application de ces droits”.

Bannir les stéréotypes, élever les compétences pour avancer

A voir de près le taux de représentativité de la femme dans les institutions, on est tenté d’affirmer que cette disposition peine à se faire respecter dans le concret. Toutefois, maître Ngalamulume Jonas, expert juriste pense que le respect de la parité est en voie de devenir une réalité , car dans des Assemblées provinciales dominées par des hommes, les femmes ont pu se faire élire. Il qualifie la recente éléction des gouverneures de percée de la femme dans les gouvernorats. Pour espérer foncer et augmenter son quota, la femme doit convaincre.

“Nous devons souligner le fait que ce sont en majorité des hommes qui ont voté pour ces femmes car elles ont été capables de convaincre par leurs plans d’action, les discours programmes, la carrure et l’espérance pour la communauté. Et cela nous pousse à croire que progressivement, on tend vers l’application stricte et progressive de la parité”, fait observer ce juriste.

Poursuivant son propos, Me Ngalamulume pense que pour que cette dynamique puisse continuer, il faut soutenir la femme, bannir les stéréotypes basés sur les considérations sexistes diminuant la femme et surtout se focaliser sur la compétence qui doit ëtre le critère principal de selection et des élections car la compétence n’a pas de sexe.

De leurs cotés, les autorités du pays continuent de montrer des signaux de bonne foi, en élevant des femmes à des postes clés. Après le gouvernement où pour la première fois une femme a été nommée vice-Première ministre, la gestion de quelques universités de renommée de la capitale a été confiée à des femmes qui ont démontré leurs compétences.

Il y a aussi, le vote de la loi électorale qui conditionne désormais, la réception des propositions des listes présentées par les partis politiques au respect du genre. Les chiffres sont encore discutables, mais l’espoir est permis.

MANZU Lydie/JHD

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