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PARJ2 : le plan d’actions prioritaires passé au crible pour validation par les parties prenantes

La réforme de la justice en République démocratique du Congo (RDC) passe à sa vitesse de croisière.

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Par Alexis Emba
Les participants à la réunion du comité technique du deuxième programme de réforme de la justice en RDC organisée vendredi 17 juin 2022 à Kinshasa @Photo Droits tiers
Publié le 20 juin 2022 à 23:10:59

Les parties prenantes au processus ont passé au crible le plan d’actions prioritaires à mener pour les trois prochaines années en vue de sa validation. La réunion du comité technique du deuxième programme de reforme de la justice en RDC a été organisée vendredi 17 juin 2022, à Kinshasa, en présence du secrétaire général à la Justice, de la chargée de programme Justice de l’Union européenne, celle de programme gouvernance et politique (CODEP), du chef d’équipe-régisseur au PARJ2. A l’occasion, M. Gilbert Bahata Bolange, directeur chef des services administratif, financier et ressources humaines au ministère de la Justice, qui a ouvert les travaux au nom du secrétaire général, a indiqué que cette rencontre se veut être un cadre d’échanges et de discussions permettant non seulement d’analyser, d’enrichir et d’approuver les actions prévues dans  le devis-programme pluriannuel mais aussi de présenter l’état des lieux des infrastructures judiciaires et pénitentiaires des zones d’intervention du PARJ 2 en vue de lever des options judicieuses sur celles nécessitant une construction et/ou une réhabilitation.

Il a souligné que son ministère exprime le vœu de voir les activités être mises en œuvre le plus rapidement possible mais dans le strict respect du chronogramme prévu. Il s’agit notamment de l’actualisation et validation du Cadre organique du ministère de la Justice ; du renforcement des capacités fonctionnelles et personnelles de la direction administrative et financière ainsi que celle d’Etudes et planification ; de l’appui à la réforme de l’administration pénitentiaire ; du renforcement des capacités du personnel pénitentiaire; de l’appui à l’amélioration des conditions des détenus ; de la construction et/réhabilitation des infrastructures judiciaires et pénitentiaires et plus spécifiquement, la construction d’une deuxième prison dans la ville province de Kinshasa.

M. Bahata Bolange s’est dit convaincu que ces assises constituent une opportunité pour toutes les parties prenantes de comprendre la quintessence des actions proposées, d’y apporter éventuellement les amendements, de les examiner et surtout de formuler des suggestions pour un appui efficient et efficace à la réforme de notre système judiciaire.

Il a remercié l’Union européenne ainsi que tous les autres partenaires techniques et financiers qui appuient sans relâche le secteur de la justice afin de promouvoir et de renforcer l’Etat de droit en République démocratique du Congo. Selon la chargée de programme Justice de l’UE-RDC, Aurore Decarnieres, le moment est venu de passer à la vitesse supérieure, d’accélérer et d’approfondir les réformes et de pouvoir se lancer pour changer les choses. Elle a rappelé que la justice est un service public offert par l’État et sert à faciliter les conflits, soulignant que le PARJ2 se développe de deux manières en ce que d’un côté, les subventions asont accordées aux organisations de la société civile qui vont travailler sur la demande de la justice autrement dit sur l’accompagnement des justiciables, et de l’autre côté l’unité de gestion du programme dans le volet institutionnel.

Interrogé par la presse, Justin Mushagalusha Ntakobajiba, chef d’équipe-régisseur au PARJ2, a précisé que ce programme vient en appui institutionnel au ministère de la Justice et au Conseil supérieur de la magistrature (CSM). L’objectif de cette réunion était de présenter le PARJ2, d’analyser, d’enrichir et d’approuver les actions à mener au PARJ2 et des infrastructures judiciaires et pénitentiaires à construire et/ou réhabiliter dans le cadre du PARJ2, a-t-il dit.
« Nous attendons de cette réunion des discussions autour des actions que nous allons mener dans les zones d’interventions (Kinshasa, Ituri, Kasaï et Équateur). Et à l’issue des travaux que nous puissions avoir un plan enrichi, validé par les membres du comité technique avant de le soumettre au comité de pilotage qui est un organe de suivi », a expliqué Justin Mushagalusha Ntakobajiba. Il a ajouté que « l’enjeu est que nous n’ayons pas une justice au service du programme, mais que le PARJ2, soit au service de la justice en RDC et permettre l’atteinte des objectifs fixés par la PNRJ ».

De son côté, la chargée de programme Justice de l’UE-RDC, Aurore Decarnieres a expliqué qu’il s’agit de se mettre d’accord avec les partenaires de mise en oeuvre sur les activités qui seront menées pendant les trois prochaines années dans le cadre du programme de réforme de la justice. Le choix du secteur judiciaire résulte du fait que l’UE appuie le gouvernement dans la mise en oeuvre de sa politique sectorielle et il existe déjà la politique sur la réforme de la justice qui était adoptée en 2017. Elle prévoit un programme d’actions pour une période de 10 ans. L’UE contribue pour sa mise en œuvre. Aurore Decarnieres a fait savoir qu’en dehors des actions déjà menées, il y a l’appui au renforcement des capacités des professionnels et aussi des actions qui sont soutenues pour améliorer l’accès à la justice pour des personnes qui sont en demande de la justice.

Le PARJ2, note-t-on, est un programme né de la coopération entre la RDC et l’Union européenne financé par le Fonds européen de développement à hauteur de 35 millions d’Euros. L’objectif est de renforcer l’Etat de droit et de promouvoir la démocratie en RDC , à travers l’appui au ministère de la Justice et au Conseil supérieur de la magistrature pour la mise en œuvre de la Politique nationale de réforme de la Justice (PNRJ2).

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