Opinion

Du Palais du Peuple au Palais de la Nation, un Kilomètre pour mourir

Aux élites cupides, citoyens ethniques et cerveaux non-alignés, aussi longtemps qu’au plus profond de nos aspirations vibreront les idéaux de la République reflétés dans cet horizon d’une nation plurinationale, puisque sans le vouloir, bâtie sur un destin multicolore, ce pont d’entrée et de sortie du monde et de l’histoire, notre histoire sexagénaire de vie commune ne sera ni défaite ni bannie.

Du Palais du Peuple au Palais de la Nation, un Kilomètre pour mourir

Puisqu’en chacun de nous, membre de la cité nationale, coule l’âme Zaïroise, celle triomphante dans une flamboyance mono-stellaire, auréolée de l’unique espérance : bâtir dans la justice, la paix et le travail, pour la grandeur, la puissance et la dignité, une nation séculaire et plus prospère pour ceux du présent et du future. Telle la marche inexorable des citoyens libres, visionnaires et solidaires, délivrés des chaînes du triomphalisme ethnique, des velléités suicidaires et de revanche.

C’est en cela que perdurera l’idéal qui nous rassemble et que notre espoir pour vivre ensemble ne sera pas vain, car confondre la gestion du bien commun à une sorte de consécration de grandeur ou de suprématie, est en soit un autodénigrement qu’il faut désarmer par tous les moyens, sinon la frileuse cohésion nationale s’assombrira et seule la politicalypse guidera les destins régionalistes des citoyens indignés.

Sans l’intention de vous faire offense, il vous est assez commun de refuser de vous identifier au nom de l’appartenance tribale et de la formalisation des esprits, aux causes néationales auxquelles vous devriez être sensibles par devoir citoyen.

Ce bannissement incompris de la raison du peuple,n’engendre rien de bon à la raison d’Etat, d’autant plus qu’il continue de véhiculer un poison mortifère dans les veines de ceux des citoyens qui osent assumer les contradictions idéologiques, et de ceux qui tentent, sans y parvenir, d’appréhender l’histoire dans l’autodétermination.

Tout cela n’est qu’horreur qui conduit chacun de citoyens dans le sens contraire de son destin. A l’instar du monde, pour emprunter les mots de Christiane Taubira, le Congo ne nous est pas donné, il est construit et déterminé. Et celui dans lequel nous vivons a été tracé ligne par ligne par les choix des générations, par des décisions ou des omissions. Et ce qui ne fut pas délibérément voulu fut induit néanmoins.

Ce long cheminement de la fusion des terres bantoues à la construction d’un Etat-Congolais abordé ou déterminé sous le prisme de l’idéal républicain et citoyen, continue malheureusement d’entretenir des rapports particuliers avec l’imbécilité collective, la caporalisation citoyenne et l’incapacité nationale à saisir les enjeux de la nation et du monde. Toutes les lignes rouges tracées tantôt par les luttes acharnées des héros et des martyrs, tantôt par les élites folkloriques et cupides tantôt par les choix pervers des citoyens inconscients et analphabètes ; ne l’ont été que sur du sable mouvant. L’incompétence, l’amour de l’argent facile et le fanatisme ethno-tribal au sein des élus et des citoyens, la transformation des actes des devoirs publics et de responsabilité en actes de charité par les dirigeants, la différenciation des citoyens et l’appropriation ethnique des gloires et déboires des gouvernants, asphyxient l’idéal républicain et la réalisation de la destinée glorieuse du Congo-Démocratique entant que projet et héritage communs. Des écoles au palais du peuple jusqu’au palais de la nation l’hymne national n’est devenu rien d’autre qu’un chant d’oraison funèbre d’un peuple fictif et prétendument débout, qui après avoir été un désordre géo-spatial, est conduit petit à petit à sa dernière demeure, et cela par ses propres choix, son refus de la révolution et sa contestation du changement.

Il devient ainsi cyclique de ne regarder le Congo d’aujourd’hui qu’au miroir poétique et caricatural d’autant plus que sous les oripeaux des militantismes politiques et citoyens de la raison du peuple et du politiquement-correct, se cachent les luttes fratricides de remplacement, du positionnement et du ventriotisme avec en ligne de mire la lutte des classes ethniquement organisées ; au point qu’il n’est plus possible de concilier la volonté, la conscience, le savoir, l’éthique et la compétence au pseudo-patriotisme revendiqué par ceux-là même qui persuadent les populations de se ranger sous la bannière de la clochardisation citoyenne plutôt que sous l’emblème de la nation.

Inconscience meurtrière et irréversible panne des cerveaux sont celles qu’il convier de qualifier des zones d’ombres de la raison du peuple qui défont les destins citoyens et précarisent l’Etat-Républicain. Le Congo-Démocratique tend ainsi à être condamné à sa propre dissolution citoyenne. Tel ce kilomètre de la mort de l’école au palais de la nation passant par le palais du peuple.

Ambassadeur Arthur Omar KAYUMBA

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