Politique

CENI : Ronsard Malonda, l’indéboulonnable secrétaire exécutif toujours en fonction

L’omniprésent secrétaire exécutif est en passe de tripler de mandat à la CENI.

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Par Jeanric Umande

CENI : Ronsard Malonda, l’indéboulonnable secrétaire exécutif toujours en fonction

Toujours à la manœuvre avec Denis Kadima cette-fois, plusieurs observateurs extérieurs doutent d’un changement de paradigme dans la gestion du nouveau cycle électoral. Décidément, l’ancien secrétaire exécutif national (SEN) de la commission électorale nationale Indépendante (CENI) est toujours en fonction, faute de mieux. Après la séance inaugurale du 29 octobre 2021 qui consacrait la présentation par lui du bilan et de l’état de l’outil technique des élections, l’opinion s’attendait à ce que Maître Ronsard Malonda passe finalement la main à une nouvelle expertise électorale de même compétence. Alors qu’on le croyait normalement à la porte de sortie de l’institution, des échos nous parvenus signalent que Denis Kadima, le nouveau chef des élections congolaises ne parviendrait toujours pas à se débarrasser de l’ancien bras droit de Corneille Nangaa. En plus, les raisons ne sont connues. Donc, Malonda ne serait plus sur une chaise éjectable puisque lourdement sollicité par la nouvelle administration électorale. 

C’est ainsi que Malonda trône encore et toujours au prestigieux poste du secrétariat exécutif national et son remplaçant n’aurait pas encore été trouvé. La question serait d’une délicatesse assez politisable aux yeux des observateurs à telle enseigne que le président de la centrale électorale est obligé de marcher sur des œufs dans le choix des hauts cadres des élections. Denis Kadima ne voudrait plus énerver une opinion publique déjà surexcitée et qui ne jure que par son départ de la CENI. Raison pour laquelle il serait dans un état de haute sagesse pour la sélection des membres de son entourage immédiat.

Aux dernières nouvelles, les membres de l’ancien cabinet auraient finalement été priés de prendre leur distance de l’institution. Bonne décision. Le secrétaire exécutif et son adjoint jadis accusés d’être au service de l’ancienne majorité présidentielle symbolisée par le FCC (Front commun pour le Congo) sont toujours visibles dans les couloirs de la CENI et joueraient un rôle influent aux côtés du nouveau chef des élections. Situation qui risque d’éclabousser Denis Kadima dont on sait qu’il ne jouit pas de la confiance parfaite de la majorité des congolais à cette fonction. 

Des hommes de Nangaa encore autour de Kadima ? 

Plusieurs témoignages renseignent que certains anciens collaborateurs de Corneille Nangaa de triste référence, pas tous, seraient encore embarqués dans la suite directe du nouveau président de la CENI, Denis Kadima Kazadi. Or, le nouveau patron de la centrale électorale est un personnage extrêmement surveillé dont les pas, faits et gestes sont suivis à la loupe. S’il ne réussit pas à se bâtir une identité de leadership propre, il devra compter avec cette immense campagne de contestation qui fragilise déjà son action à la tête de cette institution d’appui à la démocratie. Les signes de changement sont constamment attendus de Kadima. Changement de personnes (collaborateurs), changement de méthodes et changement de comportement sur le terrain des élections. S’il s’entoure des mêmes qui ont conseillé Nangaa en 2018, il doit s’attendre au même résultat, une contestation massive de sa personne et de ses collaborateurs à tous les niveaux. Or, la machine de fragilisation politique de Denis Kadima s’accroit et ses actions s’enchaînent chaque semaine. Ce qui ne saurait permettre un quelconque statuquo dans le choix de ses hommes de confiance. Peu importe leur ordre d’importance, l’équipe Nangaa, pour avoir mal géré les élections en 2018, n’est pas un modèle. Kadima doit user de meilleurs tacts, s’inspirer du grand principe d’un choix de qualité pour faire la différence. C’est ce casting qui est attendu de lui. La maison CENI regorge bel et bien de compétences. En tout cas, la RDC n’en manque pas.

Eviter le piège du tribalisme…

Du temps de Malumalu (Nord-Kivu), la CEI (commission électorale indépendante) avait certes diversifié son personnel politique par rapport aux réalités sociogéographiques des onze anciennes provinces, mais pas suffisamment. L’on renseigne que des ressortissants de l’Est, des Nande du Nord-Kivu plus spécifiquement, étaient numériquement en ordre d’importance mais pas très dominants. Avec l’avènement de Daniel Ngoy Mulunda (Katanga) à la CENI, celui-ci s’est appuyé systématiquement sur les cadres et agents trouvés sur place pour leur expertise incontournable au vu de la courtesse de son mandat. Il eut fallu recourir aux experts trouvés sur place pour bâtir son cabinet et son équipe technique. Des témoins expliquent que Mulunda auraient nommé la plupart de ses collaborateurs à l’occasion d’une réunion publique avec le personnel disponible. C’est sous Corneille Nangaa et Norbert Basengezi Katintima que l’institution CENI a pris des allures d’extrême familiarité blâmable. Frères, cousins, nièces et autres proches parents des membres de la CENI étaient systématiquement embarqués dans la boite sans toujours tenir compte de leur véritable apport professionnel. L’institution aurait souffert de cette caporalisation au point que les véritables experts étaient quasiment jetés dans les oubliettes ou des laissés-pour-compte. C’est le décor que vient trouver l’expert Denis Kadima (Kasai central). D’ethnie Luba, il est appelé à faire la différence pour échapper aux mêmes critiques. Fédérer toutes les sensibilités sociologiques, linguistiques et provinciales pour mériter la considération à l’interne et vis-à-vis de l’opinion nationale. 

Les forces de Malonda 

Ceux qui l’ont côtoyé pendant les trois derniers cycles électoraux parlent d’un homme extrêmement intelligent. Discipliné, intègre et travailleur. Du point de vue de ses qualités, c’est un excellent technicien des élections dont la République a régulièrement besoin pour stabiliser sa démocratie électorale. Malheureusement, les élections deviennent de plus en plus une question de confiance bien avant la technique. Les ratés d’hier font qu’aujourd’hui l’identité politique et morale de l’expert passe avant toute considération de professionnalisme. 

De Malumalu à Corneille Nangaa, Ronsard Malonda Ngimbi s’est taillé une réputation de grand guerrier électoral. Son seul péché, avoir pactisé avec le « diable ». Avoir œuvré aux côtés de Corneille Nangaa partout et dans tout. Pour ce faire, plusieurs observateurs estiment indiquer qu’il soit écarté temporairement du système pour ne pas donner l’impression de n’avoir rien changé et donc d’avoir conservé la même équipe contestée sous Nangaa.

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