Société

RDC : le plaidoyer de Fidèle Lumeya pour une justice restauratrice, l’antithèse de la justice occidentale

Le chef de travaux Ayu Lumeya Fidèle a relevé jeudi dans son exposé lors d’une conférence scientifique organisée à Kinshasa sous le thème : « la justice réparatrice ou restauratrice » que de plus en plus de voix s’élèvent dans les pays du sud, y compris en République démocratique du Congo, pour soutenir que «la justice occidentale ou moderne a fait plus de mal que de bien à cause de son caractère répressif».

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Par Richard Ntumba

RDC : le plaidoyer de Fidèle Lumeya pour une justice restauratrice, l’antithèse de la justice occidentale

Preuves à l’appui, le chercheur a démontré que le système moderne se soucie plus de punir les contrevenants sans se préoccuper de la victime.  M. Lumeya a fait observer que « l’accent est mis beaucoup plus sur la punition contre les crimes commis ». A ses yeux, cette attitude ne semble pas satisfaire plusieurs communautés qui sont restées sur la soif d’une justice sociale équitable. « Elles considèrent la justice moderne comme un instrument en faveur de l’Etat et des élites/officiels », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une approche différente.

Pour remédier à cette situation, Fidèle Lumeya propose une perspective africaine de la justice restauratrice en se basant sur la pratique de cette forme de justice chez les Mbala de la RDC, appelée yedu-yedu. Cette expression en langue mbala signifie « entre nous on se comprend ». Il s’agit, selon lui, d’un « processus par lequel la victime d’une infraction, un contrevenant ou toute personne concernée par celle-ci, échange sur les conséquences de l’infraction, et les traumatismes en résultant ».
Cette pratique autochtone et coutumière a, selon l’orateur cité par l’ACP, l’avantage de prendre en compte les besoins de la victime qui sont notamment le respect, l’honneur, la honte ressentie, les excuses ou pardon, etc. En plus, le yedu-yedu, en tant que médiation, implique une participation active de la victime et de du contrevenant, ce qui leur donne la possibilité de corriger mutuellement le tort causé à la victime dans un processus qui favorise le dialogue intercommunautaire et la paix, a-t-il conclu.

Pour rappel, le Centre universitaire de missiologie (CUM) et l’Université chrétienne de Kinshasa (Uckin) ont co-organisé en collaboration avec le Centre de formation à la justice et la paix (CFJP) de Paris, cette grande conférence scientifique. Les autorités académiques, ainsi que les enseignants et étudiants des facultés de Missiologie (CUM) et de Théologie (UCKIN) ont pris part à cette rencontre organisée par visioconférence, avec d’autres participants dans plus de 7 pays.

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